Par
définition, les énergies dites renouvelables sont
potentiellement inépuisables. La nature peut les
reconstituer assez rapidement, contrairement au gaz, au
charbon et au pétrole, dont les réserves, constituées apres
des millions d'années, sont limitées. Les énergies solaire,
éolienne, hydraulique, géothermique et de biomasse en sont
les formes les plus courantes.
Pourquoi les
énergies renouvelables ?
Trois
facteurs militent en faveur des énergies renouvelables :
la
sauvegarde de l'environnement, l'épuisement inévitable des
ressources limitées de la planète et les considérations
économiques. Les énergies renouvelables ne peuvent pas
remplacer dès aujourd'hui toutes les énergies
conventionnelles, mais elles peuvent suppléer l'énergie
produite par les services publics et enrichir la gamme des
énergies exploitées à l'heure actuelle. Le changement
climatique attribuable à la pollution, et à ses effets sur
le milieu naturel, est au premier rang des préoccupations
environnementales depuis le Sommet de la Terre, qui a eu
lieu à Rio de Janeiro, en 1992. En outre, les deux crises du
pétrole des années 70 ont contraint les pays industrialisés
à bien examiner l'emploi qu'ils font de leurs ressources et
à prendre des mesures pour ne plus dépendre quasi uniquement
des hydrocarbures pour leurs besoins en combustibles. Ces
pays entreprennent des recherches poussées pour trouver des
substituts écologiques aux combustibles fossiles. Quant aux
pays en voie de développement, il est d'une importance
capitale pour eux de diversifier leurs sources d'énergie.
Leur rapide croissance industrielle exerce de fortes
pressions sur des ressources déjà limitées et accélère la
dégradation des écosystèmes de la planète.
Les progrès
techniques réalisés au cours des vingt dernières années se
sont traduits par une nette amélioration du rapport
coût-efficacité des applications auxquelles se prêtent les
énergies renouvelables. Sur une petite échelle, toutefois,
les énergies renouvelables ne sont pas concurrentielles
comparativement à la production en bloc d'énergie. Elles ont
cependant des applications pratiques dans plusieurs créneaux
novateurs (biens de consommation et télécommunications, par
exemple). Le coût des techniques diminuera lorsqu'un
pourcentage important de la population aura pris conscience
des bienfaits des énergies renouvelables, notamment sur les
plans de la conservation des ressources et de la prévention
de la pollution.
Les énergies
renouvelables sont-elles nouvelles ?
Les énergies
renouvelables sont exploitées depuis très longtemps.
Jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle, le bois et la tourbe
étaient les principales sources d'énergie. Les combustibles
fossiles, principalement le charbon et le pétrole, se sont
imposés dans les usines uniquement dans la seconde partie du
dix-neuvième siècle, après l'avènement du moteur à vapeur. À
partir de ce moment-là, les industriels, n'étant plus
obligés de construire leur usine près d'un cours d'eau, ont
pu s'établir à proximité de leurs marchés, des sources de
matières premières et des ports maritimes.
Les énergies
renouvelables peuvent-elles stopper le réchauffement de la
planète ?
L'atmosphère
terrestre agit un peu comme le vitrage d'une serre : la
lumière solaire peut la traverser, mais la chaleur qui en
résulte ne peut s'échapper. Le dioxyde de carbone et
d'autres gaz emprisonnent particulièrement bien la chaleur.
Lorsqu'on brûle du charbon, du pétrole et des gaz naturels,
on augmente la quantité de dioxyde de carbone libérée dans
l'atmosphère et, par conséquent, la température moyenne de
la planète. L'utilisation accrue des énergies renouvelables
devrait réduire le besoin des centrales fonctionnant aux
combustibles fossiles, grandes productrices de gaz à effet
de serre.
Les Nations
Unies ont mis sur pied, en 1987, la Commission mondiale sur
l'environnement et le développement. Sous la direction de
Gro Harlem Brundtland, première ministre de la Norvège, la
Commission avait pour tâche d'étudier des façons
d'harmoniser le développement économique avec la protection
de l'environnement. L'expression développement durable est
apparue pour la première fois dans le rapport de la
Commission, Notre avenir à tous, où il est reconnu que le
développement économique durable suppose une utilisation
accrue des énergies renouvelables, d'une part parce qu'elles
sont potentiellement inépuisables, d'autre part parce
qu'elles respectent l'environnement. Les auteurs du rapport
reconnaissent aussi que la planète doit faire un emploi
rationnel des ressources et que les pays industrialisés,
notamment, doivent faire davantage pour conserver les
ressources et minimiser la dégradation environnementale liée
au développement économique.
Les énergies
renouvelables dans les régions isolées
Les énergies
renouvelables ont un attrait certain lorsqu'on considère
qu'elles peuvent fournir de l'électricité, écologiquement et
à bon marché, aux populations d´Afrique en particulier et
plus generalement à celles des pays en voie de développement.
Bien des localités n'ont en effet pas les moyens de se
relier à un réseau d'électricité, mais elles peuvent tirer
profit des techniques qui ont été mises au point pour
domestiquer les sources naturelles d'électricité et de
chaleur. Étant donné que trois milliards de personnes n'ont
pas d'électricité, il ne fait aucun doute que les énergies
renouvelables peuvent jouer un rôle clé et concourir au
développement économique des régions pauvres.
Voici une
définition des principales énergies renouvelables :
Chauffage
solaire actif.
On peut
domestiquer l'énergie lumineuse du Soleil pour chauffer
l'eau des piscines, des maisons et des usines, chauffer
des locaux, produire de l'électricité, distiller de
l'eau et cuire des aliments.
Énergie
de biomasse.
On peut
exploiter de diverses façons l'énergie solaire stockée
dans des matières organiques. Le bois et la tourbe
produisent de la chaleur lorsqu'on les brûle, et les
céréales de l'éthanol lorsqu'on les fermente.
Énergie
géothermique.
On peut
exploiter les eaux chaudes ou la vapeur des nappes
souterraines à grande profondeur pour produire de
l'électricité, ou encore pour chauffer (thermopompes) ou
refroidir des bâtiments.
Énergie
solaire passive.
On peut
aussi s'en servir pour chauffer des habitations conçues
pour tirer avantage du rayonnement solaire (isolation
sophistiquée, fenêtres orientées vers le sud, murs et
planchers absorbant l'énergie thermique et la libérant
graduellement après la tombée du jour, etc.).
Microcentrales hydro-électriques.
Les
microcentrales ont une production de 20 MW ou moins.
L'eau est parfois déplacée vers les turbines à l'aide de
tuyaux au lieu d'un barrage.
Énergie
éolienne.
On peut
exploiter l'énergie du vent au moyen d'aérogénérateurs
et de moulins à vent pour produire de l'électricité ou
actionner des pompes à eau.
Énergie
de la houle et énergie marémotrice.
On peut
convertir l'énergie des vagues et des marées en
électricité.